Rafael FIGUEROA BROLLO
Thème partagé secondaire : Mondes vécus
Titre de la thèse :
Cohabitation, mise en dialogue et co-production de différents systèmes de connaissances écologiques.
Une étude ethnoécologique des dynamiques humains-faune sauvage à Nan (Thaïlande)
Résumé :
Ma recherche explore les interactions complexes entre humains et animaux dans le cadre des programmes de reforestation et de conservation dans le nord de la Thaïlande, à l’intersection de l’anthropologie, de l’écologie et des initiatives de restauration écologique. Elle vise à comprendre comment, au sein de ces programmes de reforestation destinés à réduire les risques zoonotiques via une approche One Health (reconnaissant l’interdépendance entre la santé humaine, animale et environnementale), différents systèmes de savoirs écologiques – locaux et scientifiques, humains et non-humains – coexistent, dialoguent et co-produisent de nouvelles connaissances.
Cette recherche examine les dynamiques entre savoirs écologiques locaux et scientifiques, en prenant en compte les inégalités et asymétries susceptibles d’exister entre ces systèmes de connaissances. Elle s’intéresse également aux formes de savoirs propres aux animaux eux-mêmes et à la manière dont ces connaissances sont interprétées (voir intégrées) par les populations locales. Certaines populations locales possèdent une compréhension éthologique approfondie des animaux, qui enrichit leur perspective écologique et influence leurs interactions avec leur écosystème. Ces expériences et interactions entre humains et animaux jouent ainsi un rôle dans la co-production de savoirs écologiques hybrides et interspécifiques, où convergent savoirs écologiques locaux et scientifiques.
Direction : Marie-Christine Cormier-Salem
Co-direction : Serge Morand et Nicolas Lainé
Présentation :
De nationalités guatémaltèque et italienne, j’ai effectué l’ensemble de mon parcours académique supérieur en France et acquis une expérience professionnelle au sein de divers projets de conservation en Amérique centrale (El Salvador, Honduras) et en Asie du Sud-Est (Cambodge, Thaïlande).
Titulaire d’une Licence en Sciences Politiques (Université Paris-Est Créteil – UPEC) et d’un Master en Études du Développement (Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne), j’ai poursuivi mon parcours dans le champ des sciences sociales de l’environnement en approfondissant une trajectoire déjà fortement ancrée dans les enjeux anthropologiques et environnementaux. J’ai ainsi entrepris une deuxième Licence en Ethnologie, en enseignement à distance (Université de Strasbourg), puis un Master 2 en Anthropologie Environnementale au Muséum national d’Histoire naturelle, dans le prolongement de mes expériences de terrain et de mes intérêts de recherche.
Mes expériences de terrain en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est menées au sein d’organisations non-gouvernementales de conservation telles que l’UICN et le WWF, m’ont conduit à questionner les impacts socio-économiques et culturels des politiques de conservation sur les populations locales, ainsi que le rôle des héritages (post)coloniaux dans les pratiques de conservation contemporaines. Je m’intéresse plus particulièrement à la manière dont les programmes et politiques de conservation – élaborés dans les pays du « Nord » et mis en œuvre dans les pays du « Sud » – reconfigurent, à différentes échelles, les relations des communautés locales avec la faune sauvage, notamment les primates non-humains, les grands félins et les éléphants.
Au fil de ce parcours, j’ai développé un intérêt approfondi pour les perceptions, savoirs et pratiques des populations locales – incluant chasseurs-cueilleurs, minorités ethniques et peuples autochtones – en lien avec la biodiversité et, plus spécifiquement, leurs interactions avec la faune sauvage. Cet intérêt porte notamment sur les systèmes locaux de classification du vivant, les dynamiques de conflit et de coexistence interespèces, les récits, mythes et rituels associés à la faune sauvage, les pratiques cynégétiques, les tabous alimentaires, ainsi que les usages de la faune dans les médecines traditionnelles.
2024 – 2027 Thaïlande
2022 – 2023 Cambodge
2018 – 2019 El Salvador et Honduras