Léo MARIANI
43 rue Buffon
Paris 5e
Membre du comité exécutif de l’Initiative Alimentation, Sorbonne Université
https://alimentation.sorbonne-universite.fr/
Coresponsable de l’axe 5 : Prédation, cueillette, production, distribution et consommation alimentaire : enjeux environnementaux et socio-économiques
Co-responsable pédagogique de la finalité DCDB (Diversité Culturelle Diversité Biologique) du parcours SEB (Sociétés et biodiversité) du Master BEE du MNHN :
https://formation.mnhn.fr/fr/master-licence/presentation-master-bee/parcours/societes-biodiversite-2680
Responsable de l’UE Anthropologie des aliments et de la globalisation
Co-responsable de l’UE Anthropologie et cosmopolitiques
Thèmes partagés secondaires : Mondes vécus, Sciences-Sociétés, Pluralité et asymétrie des savoirs
HDR
Faire groupe et faire connaissance. D’une anthropologie de la modernité vers une anthropologie des possibles
Soutenue le 28/06/2022, garants : Serge Bahuchet et Charles Stépanoff
L’époque contemporaine est marquée par une catastrophe écologique qui est aussi une crise morale et existentielle. Et l’idée que cette crise engage le paradigme même de la modernité, ainsi que les rapports au vivant qui se sont structurés avec lui, fait aujourd’hui consensus. En réponse, les appels à réinventer la composition des mondes (P. Descola), à fonder de nouvelles cosmopolitiques (I. Stengers) pour imaginer des futurs plus désirables, se font de plus en plus nombreux. La question se pose en conséquence de savoir comment faire autrement, sur quelle base, à partir de quoi ?
On tend spontanément à déléguer aux scientifiques, ingénieurs et/ou pouvoirs publics, parfois aux philosophes, la responsabilité d’apporter des réponses à ces questions. Si leurs propositions sont essentielles, elles sont le plus souvent pensées « de l’extérieur », sur un modèle qui va de l’idée vers sa réalisation. Mes recherches assument une approche empiriste, résolument ancrée en anthropologie, mais ouverte sur le temps de l’histoire proche et lointaine et donc exposée aux débats interdisciplinaires sur l’évolution naturelle et culturelle du monde : elles s’intéressent à des « propositions » déjà réalisées et intégrées, ou en train de l’être, pour en déduire de nouvelles idées. Il s’agit autrement dit d’adosser la réflexion sur les futurs possibles à une connaissance précise et diversifiée de l’existant et, pour ce faire, de s’intéresser à l’existant précisément pour ce qu’il est susceptible d’alimenter une pensée des possibles.
L’objectif est ainsi de déplacer l’horizon de l’anthropologie hors des frontières de la discipline : que ses résultats n’aient pas pour première vocation de nourrir des débats internes mais soient d’abord mis au service d’un questionnement tourné vers le monde que les chercheurs et les gens avec lesquels ils travaillent ont en partage. En situant les uns et les autres face au même ordre de problème (l’avenir de la planète et son habitabilité), le renversement qui est ainsi réalisé a des implications conséquentes. Il suppose notamment qu’on cherche autant à « en apprendre sur les gens » qu’à « en apprendre d’eux » (T. Ingold), de leurs propres manières de composer leurs mondes. Mes recherches plaident ainsi pour une inscription horizontale des sciences en société, et pour un pluralisme épistémique (D. Graber) qui n’est pas un relativisme ontologique.
Elles mêlent anthropologie des connaissances et de la nature autour d’un enjeu transversal, aussi central que structurant dans l’histoire de l’humanité et dans l’organisation des mondes qu’elle habite : le devenir-aliment de certains végétaux (en France et en Asie du Sud-est).
Asie du Sud-est (Laos, Cambodge, Malaisie, Singapour), France