Une ethnographie sonore de l’élevage et des compétitions de chant de sporophiles curio dans l’État de São Paulo (Brésil)

Par Laurie Vandevelde

Rendez-vous l’Institut des Civilisations, Collège de France, situé au 52 rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris 

(salle Françoise Heritier), devant un jury composé de :


Mme Emma AUBIN-BOLTANSKI, Directrice de recherche, CNRS (examinatrice)

M. Steven FELD, Professeur émérite, Université du Nouveau-Mexique (examinateur)

M. Emmanuel GRIMAUD, Directeur de recherche, CNRS (rapporteur)

Mme Vanessa MANCERON, Directrice de recherche, CNRS (examinatrice)

M. Carlos SAUTCHUK, Professeur, Université de Brasília (rapporteur)

M. Eduardo VIVEIROS DE CASTRO, Professeur, Musée national de l’Université fédérale de Rio de Janeiro [en visioconférence] (examinateur)

Résumé de thèse :

L’écoute des chants d’oiseaux enrichit notre compréhension des relations sociales humaines, tout en donnant à entendre l’épaisseur de relations interspécifiques inscrites sur le temps long. À partir des matériaux sonores collectés auprès des oiseleurs de São Paulo (Brésil), la thèse se propose d’analyser une pratique d’élevage tournée vers l’organisation de compétitions de chants de sporophiles curio. Prisés pour leur plasticité vocale, ceux-ci sont sélectionnés et évalués pour leur aptitude à interpréter une partition canonique connue sous le nom de « Praia Grande ». Cette mélodie, dont la composition est attribuée à un oiseau d’exception nommé Ana Dias, constitue en fait un objet sonore hybride, à la rencontre d’une expression animale et de canons esthétiques humains. Fruit d’un long travail d’édition en studio et enseigné aux passereaux à l’aide « d’oiseaux électroniques », ce chant enregistré offre un support précieux pour ethnographier « par le milieu » la constitution d’un réseau d’acteurs, dont les logiques excèdent celles de la socialité humaine. Explorant les frontières de la vocalité animale, un premier pan de la thèse analyse la « fabrique » d’un chant d’oiseau comme forme musicale standardisée, dont la diffusion s’effectue à travers des médiums variés, tels que des disques, des robots chanteurs ou le « sang » des curiós. Un second aspect de la recherche porte sur la structuration d’une relation inter-espèces aux dynamiques contrastées. Les pratiques d’élevage reposent sur la (re)production sérielle d’oiseaux chanteurs socialisés auprès d’artefacts, mais dont l’expression individuelle est néanmoins motif de distinction. Tantôt considérés comme des matériaux sonores malléables pris dans une vaste infrastructure médiatique, tantôt écoutés comme des formes d’expression signifiantes, les chants des curiós brouillent les frontières entre singulier et pluriel, organique et artefactuel. Ils interrogent la catégorisation de figures animales dont le statut, qui est toujours un enjeu, se renégocie constamment. Comment se rapporter à des oiseaux que les éleveurs semblent traiter à la fois comme des partenaires doués de subjectivité, et comme des artefacts privés de toute autonomie ? Comment les chants des curiós peuvent-ils, réciproquement, composer les relations dont ils sont le motif ?

La soutenance sera suivie d’un pot dans la cafétéria de l’Institut des Civilisations, auquel vous êtes chaleureusement convié·es.

 

Afin d’en faciliter l’organisation, si vous souhaitez assister à la soutenance et au pot, merci de l’indiquer grâce au lien suivant : https://framaforms.org/soutenance-de-these-de-laurie-vandevelde-1789491170

 

Publié le : 18/09/2026 11:42 - Mis à jour le : 18/09/2026 11:50