Clôture du projet Mapping and cultivating (preserving) our land Agroecology to secure the land in the Brazilian Amazon

Le 19 novembre, au siège du Syndicat des travailleurs et travailleuses ruraux (STTR) de Santarém (État du Pará, Amazonie brésilienne), s’est tenu l’évènement de clôture du projet « Mapping and cultivating (preserving) our land Agroecology to secure the land in the Brazilian Amazon ». Ce moment a rassemblé l’ensemble des groupes d’agriculteurs et agricultrices du réseau agroécologique créé par le projet, venus partager leurs résultats, expériences et défis futurs.

La rencontre a débuté par un mot d’accueil et une dynamique de réception animée par le Dr José Boeing, suivis de la présentation officielle des participant·es. Le coordinateur général du projet a ensuite exposé les réalisations concrètes co-construites avec les communautés rurales :

  • un jardin mandala, modèle circulaire de polyculture favorisant l’autonomie alimentaire ;
  • une pépinière agroforestière d’arbres fruitiers dédiée au reboisement des parcelles ;
  • des poulaillers biologiques, conçus pour un élevage sans intrants chimiques, et dont les œufs sont destinés à la commercialisation auprès des cantines scolaires ;
  • une maison de farine de manioc, lieu de transformation collective d’un aliment essentiel ;
  • plusieurs formations et ateliers de partage d’expériences pour produire sans pesticides, herbicides ni intrants de synthèse.
  • Ce projet n’a pas seulement encouragé de nouvelles pratiques agricoles. Il a aussi permis de documenter et préserver la mémoire agricole régionale grâce au travail d’un groupe clé : 10 boursiers de la Fondation CNRS, étudiant·es de l’Université Fédérale de l’Ouest du Pará (UFOPA) engagés dans la numérisation d’archives consacrées à l’histoire de l’agriculture dans la région du Bas-Amazone, et aux transformations d’usage des sols (filière du jute, du cacao, défrichement, agroforesterie, etc.).

  • Encadrés scientifiquement et accompagnés par Emilie Stoll, anthropologue au CNRS, et Gefferson Ramos Rodrigues, professeur d’Histoire à l’Université fédérale de l’Ouest du Pará, ces boursiers ont contribué à faire des archives un outil vivant, partagé avec les populations :

  • préserver les traces historiques des cultures et de l’occupation des sols ;
  • documenter l’évolution des pratiques agricoles ;
  • collecter et organiser des documents permettant de penser des futurs agricoles durables à partir du passé local.

 

cloture du projet

 

cloture du projet

 

  • Cette démarche illustre une double ambition portée par l’UMR Patrimoines locaux, environnement et globalisation (PALOC | CNRS, MNHN, IRD) et la Fondation CNRS : préserver la mémoire pour mieux préparer les transformations à venir (Mémoires et futurs possibles) et favoriser l’échange direct entre recherche et société rurale (Sciences-société).

  • Après la matinée de restitution, Émilie Stoll a présenté un panorama des filières du cacao en Amazonie et des modalités actuelles de la bioéconomie, en lien avec les circuits émergents de l’agroforesterie et du tree-to-bar, au service d’une économie locale régénérative.

  • L’après-midi s’est poursuivie dans un format d’échanges : chaque groupe d’agriculteurs et agricultrices a présenté ses avancées, ses difficultés et ses projets pour 2026, dans un principe de transmission horizontale des expériences. La journée s’est conclue par la visite de la maison « Bem-Viver », siège du réseau d’agroécologie et lieu de soins utilisant les plantes médicinales et appliquant l’approche One-Health, qui considère ensemble la santé humaine, animale et environnementale.

  • Un projet qui se referme, un réseau qui continue
  • Le financement est terminé, mais les dynamiques locales perdurent. Les agriculteurs et agricultrices poursuivent désormais le reboisement de leurs parcelles, l’élevage bio, et la production de farine sans pesticides. Les archives, elles, ne sont plus des documents isolés : elles sont devenues un patrimoine numérisé, nommé, crédité et partagé, grâce au travail des jeunes boursiers soutenus par la Fondation CNRS.

  • Note : Le projet a été intégralement financé par la Gerda Henkel Stiftung. La Fondation CNRS et l’organisation brésilienne ADHMA (Associação de Defesa dos Direitos Humanos e Meio Ambiente) en ont assuré à titre gracieux la gestion administrative et opérationnelle.
Publié le : 01/12/2025 13:32 - Mis à jour le : 01/12/2025 13:38