Invisibilité sociales, médiatiques et politiques : désirées, non désirées, non désirables
Dans le cadre du programme « Patrimoines partagés », SPHINX
Maison de la recherche de Sorbonne Université, 28 rue Serpente, 75006 Paris
Amphithéâtre Molinié
Organisé par
Joëlle Le Marec et Laura Verquere
Le phénomène des invisibilités sociales, politiques et médiatiques s’inscrit souvent dans la perspective, peu questionnée, d’une désirabilité a priori de la visibilité et de l’invisibilité comme problème. La visibilité dans les scènes d’apparition hégémoniques serait une condition essentielle pour accéder à la reconnaissance dans les espaces de pouvoir pour, in fine, compter dans les décisions politiques. Les sciences sociales sont souvent prises elles-mêmes dans ce type d’enjeux auxquels elles participent dans leur fonctionnement, même si elles les critiquent au plan théorique. En outre, elles ont tendance à être régies par des normes qui donnent de l’importance à ce qui se rend observable et comptable. L’invisibilité reste très largement définie par défaut. Or les pratiques d’attention, les enjeux de protection, qui caractérisent le souci de tenir, maintenir, transmettre, appellent leur propre invisibilisation, ou tout au moins une relative indifférence aux injonctions à la visibilité. Le colloque réunit et confronte de nombreuses recherches de toutes disciplines, qui ensemble nourrissent une réflexion critique sur la désirabilité de la visibilité sociale, et sur l’invisibilité comme état nécessairement subie par celles et ceux qui échoueraient à accéder à des sphères de pouvoir. Nous souhaitons explorer les formes, pratiques et situations d’invisibilités sans les menacer, en adoptant des pratiques réellement indifférentes aux formes de reconnaissance imposées de l’extérieur. Nous souhaitons également réfléchir aux manières de lutter pour une réelle ouverture des pratiques et des formes d’expression dans la recherche avec autrui.
Le programme en pdf :