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Actualités et productions

Séminaires

Le Séminaire PALOC

Partager

 Les logiques patrimoniales ne peuvent être dissociées des pratiques et des processus de production, de transmission et de stabilisation de savoirs qui entrent en jeu dans leur constitution tout comme des procédures politiques, techniques et symboliques de sanction de ces savoirs par les pouvoirs, qui se chargent de les promouvoir.

Les processus d’ordonnancement du monde matériel et idéel et de valorisation de ses éléments jugés saillants par tel groupe social ou catégorie d’acteurs mobilisent une grande diversité de registres de savoirs. Leurs émergences, hybridations et circulations donnent corps au phénomène de (recon)naissance des patrimoines. Ils répondent à des représentations du monde, à des dynamiques inclusives ou exclusives particulières, et sont véhiculés par des pratiques et des langages variés. Ces savoirs sous-tendent des rapports de pouvoir singuliers qui se traduisent par des inégalités de formulation, de jouissance et de valorisation des dits patrimoines. Dans le contexte actuel d'une "hyperpatrimonialisation" d'objets naturels et/ou culturels (unités de conservation, paysages culturels, vestiges du passé, systèmes alimentaires ou agricoles entre autres) l’analyse des dynamiques d’expression, d’adhésion et de conflits à l’égard de ces savoirs et de leurs effets de pouvoir demeure un champ à explorer.

Sarah Benabou, Frédérique Chlous, Tarik Dahou, Stéphanie Duvail, Laure Emperaire et Vincent Leblan (orgs).

Prochaine séance :

Mercredi 14 juin de 10h à 12h30
Salle Crapaud accoucheur / salle Chevallier, 43 rue Buffon, bât. 135, 75005 Paris

Politiques culturelles, "entrepreneurs de patrimoine" et musées communautaires en Ethiopie et au Kenya :
une réflexion sur les multiples usages politiques du patrimoine local

Chloé Josse - Durand
(Chercheuse associée à Les Afriques dans le Monde, Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux et Pensionnaire Scientifique de l’Institut Français de Recherche en Afrique (Kenya))

Cette présentation s’intéresse aux institutions mémorielles telles que les musées, les mausolées et autres lieux de mémoires, analysés comme des espaces intermédiaires de négociation entre les groupes qui les portent, l’État qui les finance ou les autorise, et les organisations internationales qui soutiennent et influencent les projets patrimoniaux. Deux études de cas sont présentées : le musée Konso en Éthiopie et le musée-mausolée de Koitalel Samoei au Kenya. L’apparition de musées communautaires témoigne d’un retour de l’identité ethnique en politique, qui est à la fois brandie comme une bannière par les gouvernements, mais également utilisée comme une catégorie opératoire ou une ressource par des « entrepreneurs de patrimoine ». Dès lors, il faut décentrer le regard pour s’intéresser à ce que le musée fait au politique, et non plus seulement à ce que la politique fait des musées. Cette présentation invite ainsi à une réflexion plus générale sur la construction, la qualification et les perceptions des régimes politiques, entamant une réflexion sur la nature de l’État qui se dévoile à travers ces nouvelles politiques mémorielles et patrimoniales, ainsi que sur le rôle joué par ces nouveaux « entrepreneurs de patrimoine » dans la reconfiguration de la compétition politique.

 PAtrimSavPouv14062017

..................................................................................................................................

Merc 17 Mai 2017 ; 14h - 16h30 ; 
Salle Crapaud accoucheur/ salle Chevallier, 43 rue Buffon, bât. 135, 75005 Paris

Transition towns et storytelling écologiste : entre constat d’impuissance globale et mobilisations catastrophistes locales

Luc Semal
Science politique, Enseignant-Chercheur du Muséum national d’Histoire naturelle, CESCO

Depuis 2005, le mouvement des Transition Towns, d’origine britannique, contribue à renouveler les discours et les pratiques militantes des réseaux écologistes. La triple perspective du pic des ressources, de l’emballement climatique et de la fin de la croissance confère à ce mouvement une dimension « catastrophiste », c’est-à-dire fondée sur l’idée qu’une rupture globale et irréversible est désormais amorcée. Cette présentation analysera l’articulation originale portée par ce mouvement entre constat d’impuissance globale d’une part, et mobilisations catastrophistes locales d’autre part, en insistant sur les usages du storytelling écologiste pour redonner du sens à ce militantisme « à l’ombre des catastrophes » : quel territoire, quelles valeurs et quels savoir-faire transmettre par-delà les ruptures qui s'annoncent ?

 

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Jeudi 16 Mars 2017 ; 14h - 16h30 :

Pour une approche anthropologique de l'utilisation en politique de la notion de patrimoine naturel.
Le cas des "socio-écosystèmes" marins

Camille Mazé

Les logiques patrimoniales ne peuvent être dissociées des pratiques et des processus de production, de transmission et de stabilisation de savoirs qui entrent en jeu dans leur constitution tout comme des procédures politiques, techniques et symboliques de sanction de ces savoirs par les pouvoirs, qui se chargent de les promouvoir.
Les processus d’ordonnancement du monde matériel et idéel et de valorisation de ses éléments jugés saillants par tel groupe social ou catégorie d’acteurs mobilisent une grande diversité de registres de savoirs. Leurs émergences, hybridations et circulations donnent corps au phénomène de (recon)naissance des patrimoines. Ils répondent à des représentations du monde, à des dynamiques inclusives ou exclusives particulières, et sont véhiculés par des pratiques et des langages variés. Ces savoirs sous-tendent des rapports de pouvoir singuliers qui se traduisent par des inégalités de formulation, de jouissance et de valorisation des dits patrimoines. Dans le contexte actuel d'une "hyperpatrimonialisation" d'objets naturels et/ou culturels (unités de conservation, paysages culturels, vestiges du passé, systèmes alimentaires ou agricoles entre autres) l’analyse des dynamiques d’expression, d’adhésion et de conflits à l’égard de ces savoirs et de leurs effets de pouvoir demeure un champ à explorer.

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Archives

Mardi 21 Février 2017 : de 10h30 à 12h30

Stefan Aykut
LISIS (INRA/UPEM/ESIEE/CNRS) et Centre Marc Bloch (CNRS/HU-Berlin)

La "globalité" de la question climatique. Genèse, effets et mises en cause d'un cadrage problématique

Dès sa mise à l'agenda dans les années 1980 et 1990, le changement climatique a été cadré comme un enjeu résolument global: globalité du phénomène d'abord, qui découle d'une construction scientifique qui a détaché le "climat" de sa connotation régionale ("les climats") pour s'intéresser aux cycles biogéochimiques à l'échelle du globe; globalité des responsabilités ensuite, avec l'essor de la notion de "préoccupation commune de l'humanité" pour désigner le problème et la mise en place d'une réponse politique qui s'appuie sur un processus et des institutions multilatérales; globalité des instruments enfin, avec le rêve de créer un "marché du carbone" mondial pour mener la lutte contre le changement climatique. L'intervention reviendra sur ce globalisme scientifique et politique et ses effets sur les tentatives de "gouverner" le problème climatique, ainsi que sur les critiques diverses qui ont, au fil des décennies, tentées de mettre en cause ce cadrage global. Pour finir, je propose de réfléchir à la signification du tournant "bottom-up" des politiques climatiques depuis Copenhague (2009). S'agit-il d'une réponse, voire d'une prise en compte des critiques du globalisme? Qu'est-ce qui caractérise cette nouvelle configuration, et quelles formes de "globalités" et de "localités" construit-elle?

Contact : Murielle Honoré – Este endereço de email está protegido contra piratas. Necessita ativar o JavaScript para o visualizar. - Tél : 01 40 79 36 70 Muséum National d'Histoire Naturelle –
UMR 208 « Patrimoines Locaux et Gouvernance » - MNHN/IRD - Département Hommes, Natures, Sociétés -
45 rue Buffon - CP 51 - 75231 Paris cedex 05, Métro Gare d'Austerlitz, Jussieu, Censier

 

patrimoineSavoirPouvoirs

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Mardi 17 Janvier : 14h - 16h 30
Salle du Crapaud Accoucheur /salle Chevallier, 45 rue Buffon, bât. 135, 75005 Paris

Denis Ruysschaert
sociologue, Université de Liège, Dept Biose

Entre science objectivante et conservation militante en primatologie : l'exemple de l'orang-outan "en danger d'extinction"

Les chercheurs dans la conservation sont à la fois des scientifiques décrivant l'espèce d'une manière « objective » et des acteurs « stratégiques » dont l'objectif est de la sauver. Cette étude explique comment les chercheurs résolvent ce conflit d'intérêt pour l'orang-outan de Sumatra. Pour définir les indicateurs clefs décrivant l'espèce (nombre, tendance, territoire, sites prioritaires, unicité, statut sur la Liste rouge de l'UICN), les scientifiques internationaux utilisent leurs connaissances sur la biologie de l'espèce et des instruments technologiques. En raison d’une information incomplète et des limitations des méthodes utilisées, les chercheurs font des choix et construisent ainsi une « rhétorique scientifique/ conversationniste » basée sur l'urgence à agir, qui se veut à la fois objective et qui remplit leurs objectifs de conservation. Omettant les acteurs locaux et les facteurs (ex. droit du sol, agriculture, prix agricoles) sous-jacents au déclin de l’espèce, la réalité ainsi construite pose de sérieux problèmes opérationnels en renforçant des réseaux d'acteurs scientifiques internationaux déconnectés au détriment des acteurs locaux. En repartant de la réalité locale et en analysant les facteurs du déclin de l’espèce, l’étude suggère plutôt que l’orang-outan de Sumatra n’est pas en danger d’extinction à moyen terme. Il faudrait donc changer la manière par laquelle la connaissance scientifique est produite pour obtenir une connaissance plus proche de la réalité et travailler avec les locaux sur le long terme. Cette étude s'inscrit dans le domaine des études des sciences et technologies, qui analyse comment la recherche scientifique et les innovations technologiques influencent les valeurs sociales. Elle utilise les articles scientifiques publiés sur l'orang-outan depuis plus 50 ans, des entretiens semi directifs avec chaque catégorie d'acteurs et l'observation in situ entre 2007 et 2011.

 

SeminairePALOC17JANVIER

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Les processus d’ordonnancement du monde matériel et idéel et de valorisation de ses éléments jugés saillants par tel groupe social ou catégorie d’acteurs mobilisent une grande diversité de registres de savoirs. Leurs émergences, hybridations et circulations donnent corps au phénomène de (recon)naissance des patrimoines. Ils répondent à des représentations du monde, à des dynamiques inclusives ou exclusives particulières, et sont véhiculés par des pratiques et des langages variés. Ces savoirs sous-tendent des rapports de pouvoir singuliers qui se traduisent par des inégalités de formulation, de jouissance et de valorisation des dits patrimoines. Dans le contexte actuel d'une "hyperpatrimonialisation" d'objets naturels et/ou culturels (unités de conservation, paysages culturels, vestiges du passé, systèmes alimentaires ou agricoles entre autres) l’analyse des dynamiques d’expression, d’adhésion et de conflits à l’égard de ces savoirs et de leurs effets de pouvoir demeure un champ à explorer.

Sarah Benabou, Frédérique Chlous, Tarik Dahou, Stéphanie Duvail, Laure Emperaire et Vincent Leblan (orgs).

Prochaine séance :

Mercredi 14 juin de 10h à 12h30
Salle Crapaud accoucheur / salle Chevallier, 43 rue Buffon, bât. 135, 75005 Paris

Politiques culturelles, "entrepreneurs de patrimoine" et musées communautaires en Ethiopie et au Kenya :
une réflexion sur les multiples usages politiques du patrimoine local

Chloé Josse - Durand
(Chercheuse associée à Les Afriques dans le Monde, Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux et Pensionnaire Scientifique de l’Institut Français de Recherche en Afrique (Kenya))

Cette présentation s’intéresse aux institutions mémorielles telles que les musées, les mausolées et autres lieux de mémoires, analysés comme des espaces intermédiaires de négociation entre les groupes qui les portent, l’État qui les finance ou les autorise, et les organisations internationales qui soutiennent et influencent les projets patrimoniaux. Deux études de cas sont présentées : le musée Konso en Éthiopie et le musée-mausolée de Koitalel Samoei au Kenya. L’apparition de musées communautaires témoigne d’un retour de l’identité ethnique en politique, qui est à la fois brandie comme une bannière par les gouvernements, mais également utilisée comme une catégorie opératoire ou une ressource par des « entrepreneurs de patrimoine ». Dès lors, il faut décentrer le regard pour s’intéresser à ce que le musée fait au politique, et non plus seulement à ce que la politique fait des musées. Cette présentation invite ainsi à une réflexion plus générale sur la construction, la qualification et les perceptions des régimes politiques, entamant une réflexion sur la nature de l’État qui se dévoile à travers ces nouvelles politiques mémorielles et patrimoniales, ainsi que sur le rôle joué par ces nouveaux « entrepreneurs de patrimoine » dans la reconfiguration de la compétition politique.

 PAtrimSavPouv14062017

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Merc 17 Mai 2017 ; 14h - 16h30 ; 
Salle Crapaud accoucheur/ salle Chevallier, 43 rue Buffon, bât. 135, 75005 Paris

Transition towns et storytelling écologiste : entre constat d’impuissance globale et mobilisations catastrophistes locales

Luc Semal
Science politique, Enseignant-Chercheur du Muséum national d’Histoire naturelle, CESCO

Depuis 2005, le mouvement des Transition Towns, d’origine britannique, contribue à renouveler les discours et les pratiques militantes des réseaux écologistes. La triple perspective du pic des ressources, de l’emballement climatique et de la fin de la croissance confère à ce mouvement une dimension « catastrophiste », c’est-à-dire fondée sur l’idée qu’une rupture globale et irréversible est désormais amorcée. Cette présentation analysera l’articulation originale portée par ce mouvement entre constat d’impuissance globale d’une part, et mobilisations catastrophistes locales d’autre part, en insistant sur les usages du storytelling écologiste pour redonner du sens à ce militantisme « à l’ombre des catastrophes » : quel territoire, quelles valeurs et quels savoir-faire transmettre par-delà les ruptures qui s'annoncent ?

 

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Jeudi 16 Mars 2017 ; 14h - 16h30 :

Pour une approche anthropologique de l'utilisation en politique de la notion de patrimoine naturel.
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Camille Mazé

Les logiques patrimoniales ne peuvent être dissociées des pratiques et des processus de production, de transmission et de stabilisation de savoirs qui entrent en jeu dans leur constitution tout comme des procédures politiques, techniques et symboliques de sanction de ces savoirs par les pouvoirs, qui se chargent de les promouvoir.
Les processus d’ordonnancement du monde matériel et idéel et de valorisation de ses éléments jugés saillants par tel groupe social ou catégorie d’acteurs mobilisent une grande diversité de registres de savoirs. Leurs émergences, hybridations et circulations donnent corps au phénomène de (recon)naissance des patrimoines. Ils répondent à des représentations du monde, à des dynamiques inclusives ou exclusives particulières, et sont véhiculés par des pratiques et des langages variés. Ces savoirs sous-tendent des rapports de pouvoir singuliers qui se traduisent par des inégalités de formulation, de jouissance et de valorisation des dits patrimoines. Dans le contexte actuel d'une "hyperpatrimonialisation" d'objets naturels et/ou culturels (unités de conservation, paysages culturels, vestiges du passé, systèmes alimentaires ou agricoles entre autres) l’analyse des dynamiques d’expression, d’adhésion et de conflits à l’égard de ces savoirs et de leurs effets de pouvoir demeure un champ à explorer.

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Mardi 21 Février 2017 : de 10h30 à 12h30

Stefan Aykut
LISIS (INRA/UPEM/ESIEE/CNRS) et Centre Marc Bloch (CNRS/HU-Berlin)

La "globalité" de la question climatique. Genèse, effets et mises en cause d'un cadrage problématique

Dès sa mise à l'agenda dans les années 1980 et 1990, le changement climatique a été cadré comme un enjeu résolument global: globalité du phénomène d'abord, qui découle d'une construction scientifique qui a détaché le "climat" de sa connotation régionale ("les climats") pour s'intéresser aux cycles biogéochimiques à l'échelle du globe; globalité des responsabilités ensuite, avec l'essor de la notion de "préoccupation commune de l'humanité" pour désigner le problème et la mise en place d'une réponse politique qui s'appuie sur un processus et des institutions multilatérales; globalité des instruments enfin, avec le rêve de créer un "marché du carbone" mondial pour mener la lutte contre le changement climatique. L'intervention reviendra sur ce globalisme scientifique et politique et ses effets sur les tentatives de "gouverner" le problème climatique, ainsi que sur les critiques diverses qui ont, au fil des décennies, tentées de mettre en cause ce cadrage global. Pour finir, je propose de réfléchir à la signification du tournant "bottom-up" des politiques climatiques depuis Copenhague (2009). S'agit-il d'une réponse, voire d'une prise en compte des critiques du globalisme? Qu'est-ce qui caractérise cette nouvelle configuration, et quelles formes de "globalités" et de "localités" construit-elle?

Contact : Murielle Honoré – Este endereço de email está protegido contra piratas. Necessita ativar o JavaScript para o visualizar. - Tél : 01 40 79 36 70 Muséum National d'Histoire Naturelle –
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Denis Ruysschaert
sociologue, Université de Liège, Dept Biose

Entre science objectivante et conservation militante en primatologie : l'exemple de l'orang-outan "en danger d'extinction"

Les chercheurs dans la conservation sont à la fois des scientifiques décrivant l'espèce d'une manière « objective » et des acteurs « stratégiques » dont l'objectif est de la sauver. Cette étude explique comment les chercheurs résolvent ce conflit d'intérêt pour l'orang-outan de Sumatra. Pour définir les indicateurs clefs décrivant l'espèce (nombre, tendance, territoire, sites prioritaires, unicité, statut sur la Liste rouge de l'UICN), les scientifiques internationaux utilisent leurs connaissances sur la biologie de l'espèce et des instruments technologiques. En raison d’une information incomplète et des limitations des méthodes utilisées, les chercheurs font des choix et construisent ainsi une « rhétorique scientifique/ conversationniste » basée sur l'urgence à agir, qui se veut à la fois objective et qui remplit leurs objectifs de conservation. Omettant les acteurs locaux et les facteurs (ex. droit du sol, agriculture, prix agricoles) sous-jacents au déclin de l’espèce, la réalité ainsi construite pose de sérieux problèmes opérationnels en renforçant des réseaux d'acteurs scientifiques internationaux déconnectés au détriment des acteurs locaux. En repartant de la réalité locale et en analysant les facteurs du déclin de l’espèce, l’étude suggère plutôt que l’orang-outan de Sumatra n’est pas en danger d’extinction à moyen terme. Il faudrait donc changer la manière par laquelle la connaissance scientifique est produite pour obtenir une connaissance plus proche de la réalité et travailler avec les locaux sur le long terme. Cette étude s'inscrit dans le domaine des études des sciences et technologies, qui analyse comment la recherche scientifique et les innovations technologiques influencent les valeurs sociales. Elle utilise les articles scientifiques publiés sur l'orang-outan depuis plus 50 ans, des entretiens semi directifs avec chaque catégorie d'acteurs et l'observation in situ entre 2007 et 2011.

 

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